L'Homme aux graffitis

 

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André-Philippe Côté nous présente une œuvre magique, qui dormait dans ses tiroirs depuis plus de 30 ans

 

NOTES pour L’homme aux graffitis

C’est ma première bande dessinée (BD).

Œuvre bizarre. Influencée par l’art maya (je revenais d’un voyage en Amérique Centrale), l’expressionnisme, le surréalisme et la psychanalyse. Est-ce une BD ou une anti BD ? Il y avait de toute évidence une intention de faire différent, de faire quelque chose d’étrange.

Cette BD a été créée durant l’hiver 1980. Je vivais alors une vie « hors du monde », autant physiquement que psychologiquement. Je dessinais douze heures par jour et le reste du temps je lisais des essais sur l’art, les artistes ou la psychanalyse. Les artistes que j’aimais étaient des fous, des suicidés, des illuminés.

Que raconte cette BD ? Le passage des grottes de Lascaux à la peinture de chevalet ? Le « On » du graffiteur au « Je » du peintre à travers une confrontation avec la sexualité et la mort ? Oui, et autre chose. L’histoire d’un homme enfermé en lui-même,
dans une prison verrouillée de l’intérieur. Quoi d’autre encore ?

Le livre d’Umberto Eco, « L’Œuvre ouverte », m’avait beaucoup marqué à cette époque et je tentais, bien naïvement, de créer une BD inspirée par la thèse de cet essayiste ; une œuvre est composée d’une infinité de signes et devient ainsi une œuvre ouverte puisqu’elle offre une pluralité d’interprétations possibles.

C’était aussi un trip surréaliste. Il s’agissait de créer une sorte de représentation de l’inconscient en utilisant l’écriture automatique et les associations d’images. Une aventure surréaliste, fondée sur l’improvisation case par case, page par page. « L’Homme aux Graffitis » doit, en ce sens, beaucoup plus à la peinture qu’à la BD. Chaque case est un tableau à l’intérieur d’une page elle-même composée comme un tableau dans une BD pensée comme un tableau. J’avais le projet d’exposer les planches l’une à la suite de l’autre comme un long ruban à la façon de la fameuse
tapisserie de Bayeux.

« L’Homme aux Graffitis », c’est aussi un rendez-vous manqué. La BD fut publiée en noir et blanc, en petit format, dans le magazine « Pour ta belle gueule d’ahuri » qui devait cesser ses activités après six numéros. Elle ne fut jamais exposée et je ne l’ai jamais proposée à un éditeur.

Lorsque j’ai vu au Salon du livre de Québec au printemps 2010 l’excellent travail d’édition de Julien Poitras, j’ai aussitôt pensé à cette BD qui dormait sur une étagère depuis trente ans.

Et voilà pour la petite histoire de cette BD que vous tenez entre vos mains. J’espère que vous aurez du plaisir à découvrir cet objet bizarre qui fut créé avec passion.

André-Philippe Côté
Janvier 2011

 

 

 

Format 40,5 cm X 26 cm X 1 cm
32 pages couleur
Couverture rigide avec signet

 

ISBN : 978-2-923701-23-3

 

$29,95

 

(1,6 megabytes)